vendredi, décembre 08, 2006

On profite du haut debit de Coimbatore pour ecrire...
Le monastere de Dzogchen, ou nous avons passe trois jours, a ete reconstruit vers 1992 en Inde du Sud apres que l'ancien monastere, millenaire, et detenteur du savoir d'une des lignees du boudisme tibetain, a ete detruit au Tibet occidental pendant les "affrontements" dans les annees 50...
Il est situe au sud du Karnataka, a Odeyapalayam, Kollegal Talluk au sein d'un camp de refugies tibetains qui compte 15 000 habitants repartis en 22 villages. Le responsable du camp, HE Dzogchen Ripoche, et aussi eminence spirituelle tibetaine a ete designe par SS le Dalai Lama devant les difficultes engendrees par le changement brutal des conditions de vie des refugies : du toit du monde et ils ont du apprendre la vie dans la jungle indienne avec la mousson, les innondations, le palu, les tigres... Aujourd'hui, probablement grace aux nombreuses aides internationales, le camp est modele : pas de poubelles amoncellees aux bords des routes, les fermes sont coquettes et ornees de fleurs, le camp est pourvu d'un hopital, de trois creches, d'ecoles, et meme d'une maison de retraite. Les decisions a prendre dans chaque villlage le sont dans des salles communautaires, ou siege un bureau elu, et ou les enfants (souvent gardes par les grands-parents analphabetes car les parents travaillent a Bengalore) y font leur devoirs sous la surveillance d'une institutrice. La ou la foret tropicale a ete defrichee, c'est a dire sur des centaines d'hectares, les cultures de riz, de mais, de ghee, de soja, partiellement biologiques permettent aux fermiers, organises en cooperative, de vivre. Et leur "entreprise" emploie les indiens demunis dans les champs. Ce n'est pas vraiment ce que l'on s'imagine d'un camp de refugies. En fait, cet endroit (a force de travail et de bonnes decisions il est vrai) est une enclave tibetaine en Inde qui fonctionne remarquablement mais qui suscite l'animosite et l'envie des indiens voisins qui eux ne beneficient pas des memes fonds d'aide internationale et vivent dans la misere, comme en Inde.
Nous sommes donc arrives dans cet endroit apres 36 heures de voyage, apres une escale forcee a Kollegal, petite bourgade ressemblant plus a une ville de la Ruee vers l'Ouest que d'un village indien : debits de boisson avec des portes battantes, agressivite des gens entre eux et a notre encontre, billards... Dans les differents bus locaux, de plus en plus pourris alors que nous nous enfoncions dans l'Inde, la lutte pour gagner ou garder l'espace de nos jambes et de nos epaules etait de plus en plus ardue. Notre cadeau, ca a ete les paysages spectaculaires de montagnes et de hauts plateau, la vue des toits dores des monasteres, la joie de vivre des moines et des moinillons, les vaches et les drapeaux de priere ; notre cadeau c'etait un peu de Tibet comme pour nous intimer de presser notre allure et de nous orienter vers le Nord. "Taschi Dele!"
Nous avons ete accueillis par les benevoles occidentaux qui travaillent au monastere : Jacqueline, Collette, Jacquie, Suzanne, Bernard et Marcelle, les villageois et biensur par les moines qui nous ont fait visiter le lieu, en particulier l'interieur du temple, l'appartement du Dalai Lama quand il est de passage, les fermes, comment ils utilisent les energies renouvelables (engrais, compost, gaz emanant des bouses de vaches pour la cuisiniere...). Ils nous ont permis dassister aux offices, tout ca pour nous qui ne venions de nulle part, qui ne sommes pas bouddistes, et qui n'avions meme pas pu prevenir de notre arrivee. Nous avons partager de si bons moments droles, interressant que nous etions tristes de nous separer.
La separation faite, nous avons repris la route vers Mysore, ou nous avons visite le joli palais du Maharaja avant de venir ici a Coimbatore saluer Vivien. Ouf ! On a faillit la rater, elle part aujourd'hui. Nous avons visite l'hopital ayurvedique et avons fait la rencontre d'un etudiant anglais d'ayurveda (l'ayurveda est reconnu comme medecine en Angleterre), avec lequel nous avons pu echanger nos points de vue entre soignants du meme monde. En effet, l'approche de la vie, ses choix, l'importance des choses est completement differente ici de chez nous, et l'ignorance des indiens des reelles valeurs occidentales, ou bien leur refus, fait que les discussions sont presques toujours superficielles, sauf a Surat ou nos interlocuteurs etaient particulierement ouverts.
Je vais retrouver Jeremie apres sa consultation ayurvedique. Je vous embrasse fort en revant d'un croissant chaud...
Et bienvenue sur Terre a Jeanne qui est nee samedi, bisous aux parents Johanne et Herve, tous mes voeux de bonheur!